Le 26 septembre, jour anniversaire de la fin de la bataille de Vauquois quatre ans presque jour pour jour après sa conquête par l’armée allemande en 1914, avec sa reconquête par la 35e division US mise sur pied par les états du Kansas et du Missouri, une cérémonie s’est déroulée au milieu des cratères qui fendent la colline de Vauquois en deux.
Dans le cadre d’un parcours mémoriel dans la Meuse, le stage des sergents de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) est venu rendre hommage aux cinq de leurs anciens qui ont perdu la vie dans l’attaque du 6 juin 1915, qui voyait pour la première fois l’utilisation par l’armée française d’appareils de projection de liquides enflammés, en réponse à l’initiative allemande survenue le 23 mars dans le même secteur de Vauquois.
Le 18 septembre 1811, l’Empereur Napoléon Ier avait ordonné que les pompiers de Paris seraient dorénavant des militaires de l’arme du Génie. Cent années plus tard, leur expertise dans la maîtrise du feu est sollicitée pour appuyer cette tentative de percée sur le front de Vauquois, où Français et allemands s’affrontent depuis plusieurs mois dans les ruines de ce village minuscule.
Après plusieurs heures de bombardement par l’artillerie de tranchée française, au signal donné à 20h10 par l’ouverture du feu d’une mitrailleuse depuis la mairie, les sapeurs mettent œuvre les 16 systèmes de lance-flamme « Schilt », arrosant de pétrole enflammé les positions allemandes à l’ouest de l’église. Une minute 45 plus tard, un nouveau tir de la mitrailleuse déclenche l’assaut conduit par le 76e RI, alors que la première ligne allemande brûle sur 50 mètres et que les défenseurs sont en débandade.
Malheureusement, la combinaison d’un retour de vent et de l’explosion d’un dépôt de munitions allemand touché par un obus de crapouillot de 58 mm raccourcit la portée des liquides enflammés, qui retombent sur le dos des fantassins français en tête de l’assaut. La panique change de camp. L’artillerie allemande écrase les positions françaises et enraye l’attaque dans la confusion. C’est la dernière tentative française de percée à Vauquois par un assaut classique d’infanterie. Désormais, pour les deux armées, la priorité sera donnée à la technique de la mine.
Dans cette malheureuse affaire, cinq combattants rattachés au régiment des pompiers de Paris perdent la vie : le sergent Gaudray P., le caporal Flament, les sapeurs Boussugug, Rade et Gaudray. Leur mémoire est commémorée par une petite stèle implantée dans le secteur de l’attaque.
Conduite par le major Christophe, conseiller du général commandant la BSPP et l’encadrement du stage, la délégation des 30 sergents a suivi le matin de ce 26 septembre la visite guidée des galeries souterraines avec les guides de l’association des Amis de Vauquois. Ils y ont été rejoint par une délégation et le porte-drapeau du groupement national des anciens sapeurs-pompiers de Paris.
La visite puis la cérémonie ont été rehaussées par la présence du général de corps d’armée (2e section) Autran, président de la fédération nationale du génie militaire, qui a signé le Livre d’Or des Amis de Vauquois.





